Résultats de la BCPST du lycée Fénelon aux concours 2014

La présentation des résultats de la BCPST du lycée Fénelon est faite ici non pas en considérant les intégrations finales des étudiants dans les écoles, mais plutôt en considérant les écoles qu’ils auraient pu intégrer. Par exemple, une élève de la classe avait un rang final lui permettant d’entrer l’ENGEES, une très bonne école du concours G2E, mais a refusé cette intégration pour s’orienter vers une autre voie. En comptabilisant les seules intégrations, cette élève serait considérée comme un échec de la formation, alors qu’en considérant les intégrations possibles, il est clair que le parcours de cette élève en classe préparatoire a été couronné de succès !

L’effectif de la classe était de 47 en 2013-2014, et tous les étudiants ont passé au moins un concours. Sur ces 47 candidats, seuls 4 n’ont d’admissibilité à aucun concours (soit moins de 10%). Parmi ces élèves, 2 redoublent et 2 décident de continuer leurs études à l’université, où ils sont admis en L3 (ce qui revient à dire qu’ils ont validé leurs deux années de classe préparatoire).

Les 43 élèves admissibles à au moins un concours se sont tous vus proposer au moins une intégration, ce qui porte la réussite globale de la classe à plus de 90%. Cependant 3 élèves démissionnent des écoles qui leur sont proposées pour redoubler en 5/2 dans l’espoir d’une meilleure intégration (en école vétérinaire entre autre), une démissionne (quoiqu’admise à l’ENGEES) pour se réorienter vers une autre formation (l’ESIEE à Marne-la-Vallée) et un démissionne pour poursuivre dans un cursus universitaire. En définitive, 38 élèves de la classe intègrent effectivement une école ouverte aux différents concours de la filière.

Concours ENS

Sur la poignée d’élèves qui ont présenté le concours, 3 sont admis à l’ENS de Lyon, et 2 intègrent effectivement cette école, le troisième préférant intégrer une école vétérinaire.

Concours Agro

Sur les 47 élèves inscrits, 43 sont admissibles (plus de 90%). Au regard du classement final:
- 9 élèves ont la possibilité d’intégrer l’AgroParisTech (soit près de 20% de la classe),
- 16 élèves ont la possibilité d’intégrer une agro majeure (Toulouse, Montpellier, Rennes), soit 1/3 de la classe,
- 27 élèves ont la possibilité d’intégrer l’ENSAIA de Nancy (près de 60% de la classe),
- 41 élèves ont la possibilité d’intégrer une école (soit un peu moins de 90% des inscrits).
En définitive, seuls 24 élèves intègrent effectivement une école Agro, les autres démissionnant pour une école d’un autre concours. En outre 1 élève intègre une école du groupe Polytech qui recrute sur ce concours.

Concours Véto

Sur les 22 élèves inscrits, 6 sont admissibles puis admis à l’issue de l’oral, soit un peu plus de 1/4 des inscrits. En définitive, 5 élèves entrent effectivement dans une école vétérinaire (dont un qui renonce à l’ENS Lyon), et 1 démissionne pour entrer à l’AgroParisTech.

Concours G2E

Sur les 44 inscrits au concours, 39 sont admissibles (presque 90%) et 25 sont classés à l’issue de l’oral avec possibilité d’intégrer une école (55% des inscrits) :
- 15 peuvent entrer à l’ENSG de Nancy (35% des inscrits, avec tout de même un étudiant classé 2è du concours et un autre classé 15è !),
- 24 peuvent entrer à l’ENGEES (50% des inscrits)
- 10 peuvent entrer à l’ENTPE dans le cursus fonctionnaire (dont le 1er du concours!) et 18 dans le cursus civil.
En définitive, 6 élèves intègrent une école du concours.

Conclusion générale

Le rapport entre élèves auxquels une école est proposée et élèves ayant présenté le concours est donc de presque 90% au concours Agro et 55% au concours G2E. Dans les intégrations finales, 20 élèves intègrent une école de tout premier plan (Véto, AgroParisTech, ENSG et ENS Lyon). C’est dans l’ensemble un résultat très satisfaisant, et nous félicitons l’ensemble de cette promotion pour leur réussite.

A propos des humains mangeurs d’animaux d’élevage

Encore un article d’Audrey Garric, cette fois sur les conditions d’élevage totalement scandaleuses du plus sympathique des animaux. Tous ceux qui me connaissent comprendront à quel point je suis déprimé par la lecture d’un tel document !

Pour ceux que les enjeux des conditions d’élevage intéressent, je signale que l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), qui est le potentiel employeur futur de quelques uns de mes élèves et d’ailleurs aussi l’employeur actuel de quelques uns de mes anciens élèves, a mené une étude sur le thème des douleurs animales en élevage, dont le rapport est publié aux éditions Quae dans la collection Matière à débattre et à décider.

Ce livre trace l’état des lieux des connaissances, encore partielles faute de moyens d’étude (ce n’est certes pas les éleveurs qui ont intérêt à financer des études sur leurs pratiques), sur les douleurs infligées aux animaux d’élevage et aux conditions d’abattage. Le livre se termine sur quelques expérimentations en cours et des pistes pour améliorer la situation. Précisons, pour les fanatiques de tout poil, que je ne suis pas un partisan de la suppression de la viande dans l’alimentation. Je pense en revanche qu’on pourrait en manger largement 10 fois moins, quitte à la payer plus cher, et que les mécanismes de soutien à l’élevage, comme d’ailleurs à l’agriculture et à la pêche, sont totalement à revoir tant au niveau national qu’européen.

A propos des animaux mangeurs d’hommes

Je vous signale cet article d’Audrey Garric (journaliste au Monde) sur les animaux qui représentent un danger pour l’homme. Le naturaliste Yves Paccalet, qu’elle interroge, remet les pendules à l’heure sur les morts respectives. On ne le croirait pas comme ça, mais les éléphants causent bien plus de décès humains que les loups ou le ours, et les éléphants ne sont encore rien comparés aux escargots ou aux moustiques.

Somme toute, rien qu’on ne sache déjà, mais qui va mieux en le redisant, surtout à l’heure où le loup est aux portes de Paris.

Le roman du mois de septembre

Ce mois-ci, je vous conseille un très court écrit de Pierre Michon, Les Onze, disponible en folio. Il s’agit d’un récit autour d’un vaste tableau du Louvre représentant les onze membre du comité de salut public instauré durant la « Terreur » en 1793. Dans une langue magnifique (c’set vraiment très bien écrit, indépendamment de ce qui est raconté, la seule lecture est un plaisir), Michon imagine la vie du peintre (François-Elie Corentin) et s’essaie à reconstituer les détails de la réalisation de cette oeuvre, dont les conditions un peu mystérieuses sont assez rocambolesques, ce qui n’est guère étonnant étant donné la période troublée où elle a eu lieu. Il y a presque du suspens et on n’a qu’une envie, c’est d’aller voir ledit tableau (ayant pourtant fréquenté le Louvre dans toutes les dimensions, je ne l’avais jamais vu).

 

D’une certaine façon, cela fait un peu penser à un autre court livre de Georges Perec (qui ne date pas d’hier), Un cabinet d’amateur (chez Seuil, il semble que l’édition en livre de poche soit épuisée), que vous pouvez également lire.

 

Et si vous n’avez pas compris, vous pouvez aller vous faire remettre les idées en place en consultant ce site du CNDP. Mais c’est plus amusant si on lit d’abord le livre.

 

Remise des IG-Nobel

Les prix IG-Nobel (se prononce « ignoble » en Anglais) ont été remis comme chaque année par la fondation Improbable Research à des scientifiques qui « font d’abord rire et ensuite réfléchir ». Il s’agit donc de récompenser des travaux dont l’intitulé est farfelu, mais dont la scientificité est indubitable.

Le cru 2014 est visible ici.

La cérémonie a lieu en présence de vrais prix Nobel chargés de remettre les récompenses, et a lieu dans une franche bonne humeur. Généralement, les nominés sont ravis du prix et se précipitent pour venir le recevoir.

Cette année, plusieurs travaux passionnants ont été primés. En physique, par exemple, le prix est allé à une étude dont on s’étonne qu’elle n’ait pas été faite plus tôt : la mesure des coefficients de frottement entre d’une part une semelle et une peau de banane et d’autre part la même peau de banane et le sol. En santé publique, et sans vouloir viser personne dans la classe, les scientifiques récompensés ont sérieusement étudié le lien entre troubles mentaux et possession d’un chat (si la toxoplasmose ne vous dit rien, il est temps de vous informer avant de tomber enceinte). En psychologie, le prix a été remis à des chercheurs qui ont montré que les lève-tard sont en moyenne plus narcissique, plus manipulateurs et davantage psychopathes que les lève-tôt (pas de panique : maintenant que vous êtes en prépa, vous êtes du bon côté). Il semblerait également qu’on supporte bien mieux la douleur en regardant un beau tableau plutôt qu’une croûte (moi, ça ne m’étonne pas). Enfin, en économie, je suis ravi de voir que j’avais prévu le prix qui a été attribué au gouvernement italien suite à sa décision de gonfler le PIB du pays en prenant en compte l’économie illégale (activités mafieuses et prostitution principalement) ; c’est bizarre, aucun représentant du gouvernement italien n’est venu à la remise du prix. Pour finir, je reste quand même perplexe devant les travaux qui ont consisté à étudier le comportement des rennes face à des humains déguisés en ours polaires (je ne vois pas bien à quoi ça peut servir, mais bon).

Je vous invite à aller voir vous-même sur le site. C’est excellent pour votre Anglais, autant écrit qu’oral puisque la vidéo de la cérémonie est visible.

Les romans du mois d’août

Je vous recommande deux romans parus dans la collection Nature Writing de la maison d’édition Gallmeister.

Le premier est assez léger mais plein d’humour et bien écrit. Il s’agit du récit largement autobiographique d’un jeune étudiant qui est inscrit plus ou moins par hasard dans une université du Montana et qui accepte de passer un hiver complet au fin fond d’une vallée bloquée par la neige pour surveiller une pouponnière à saumons, installée là dans le cadre du repeuplement de la rivière. Totalement inconscient de ce qui l’attend, et après un début de séjour chaotique, il finit par s’acclimater à sa vie d’ours. On imagine assez bien, dans ce récit, ce à quoi ressemble son trou paumé et on se prend à l’envier (presque) quand, bien au chaud sous sa couette, on suit les aventures de ce futur ranger par -40°C. Pour toux ceux qui ont des rêves de nature et de grands espaces, c’est un bon livre pas compliqué. Indian Creek par Pete Fromm.

Le second roman est nettement moins léger, mais c’est l’un des meilleurs livres que j’ai lu ces dernières années. L’histoire est celle d’un vétéran sudiste de la guerre de Sécession, hanté par ces années de guerre (la guerre de Sécession est la première guerre de l’ère moderne, qui n’a rien à envier à la première guerre mondiale question horreur : tranchées, artillerie lourde, pertes colossales). Il vit tout seul avec son chien dans une misérable cabane sur une plage sur le Pacifique, tout au nord de l’état de Washington. C’est un endroit où, à l’époque du roman (1900), il n’y a quasiment personne, et où il pleut toujours. Agé et gravement malade, le vétéran décide de repartir vers le lieu de sa naissance. Son périple ne le mènera pas loin, mais lui fera croiser des Indiens autochtones et des colons, sales types ou braves gens, dans un entrecroisement qui met au jour les conditions de vie des Indiens, le racisme ordinaire contre les Noirs ou les Chinois, la difficile mise en place de la loi dans cette région perdue. Le tout est entrecoupé de retours en arrière sur la guerre de Sécession. Lance Weller a construit des personnages d’une densité exceptionnelle dans un récit complexe et sans naïveté. C’est un excellent livre : Wilderness par Lance Weller.

Programme de lettres 2014 – 2015

Le programme de lettres pour l’année 2014 – 2015 a pour thème :

La guerre

et s’appuie sur la lecture des trois œuvres suivantes :

  • Les Perses d’Eschyle, dans la traduction de Danielle Sommier aux éditions GF Flammarion
  • Le Feu de Henri Barbusse
  • De la Guerre livre 1 : Sur la nature de la guerre de Carl von Clausewitz, dans la traduction de Nicolas Waquet aux éditions rivages poche (pages 17 à 114)

Il est plus que recommandé d’avoir lu ces livres avant la rentrée, et de les connaitre un peu plus que superficiellement.

Deux essais pour le prix d’un et pour finir l’année

Pendant que je suis à parler de chocs de civilisation, vous pouvez avec profit lire le dernier essai de Jared Diamond, Le monde jusqu’à hier (traduction de The World until Yesterday, à croire que quelqu’un qui savait parler anglais et français a été payé pour traduire cette fois-ci), et publié chez Gallimard.
Diamond est … je ne sais pas trop dire quoi, puisqu’il est tout à fois ornithologue, historien, anthopologue, sociologue. Il a étudié certaines sociétés « primitives » de Nouvelle-Guinée, dont il a décrit le fonctionnement et appris les langues. Dans cet essai, il discute de ce que les sociétés traditionnelles peuvent apporter aux sociétés modernes (sur l’éducation des enfants, le règlement des litiges liés à des accidents involontaires, la gestion des personnes âgées). Ce qui rend son analyse particulièrement pertinente est qu’elle ne s’accompagne nullement d’une vision angélique de ces sociétés. Par exemple, il explique parfaitement bien l’insécurité foncières dans laquelle vivent la plupart des Néo-Guinéens « primitifs » (insécurité sanitaire, insécurité alimentaire, insécurité physique liée aux conflits tribaux). Il tort le cou à une idée véhiculée par certains sociologues comme quoi les « guerres tribales » seraient purement symboliques au prétexte qu’elles ne font qu’un ou deux morts ;  sauf que rapportés à la population totale des tribus engagées dans ces guerres, cela fait un pourcentage de décès équivalent à celui de la première guerre mondiale !
La remise en perspective des données chiffrées est d’ailleurs un des points forts des écrit de Diamond. La question du nombre des langues encore vivantes donne le vertige : il y a encore 7000 langues vivantes dans le monde donc … plus de 1000 pour la seule Nouvelle-Guinée, et 110 pour la minuscule nation du Vanuatu (une île du Pacifique), dont la plupart ne sont plus parlées que par moins de quelques milliers de personnes et certaines par moins de 60. Bien sûr, on relève toujours quelques coquilles dans ce genre de liste, puisque Diamond affirme que le Breton est la langue première d’un demi millions de Français, ce qui revient à dire que 1/4 des habitants de la Bretagne ont le Breton pour langue maternelle. Ayant vécu en Bretagne environ 25 ans, je pense avoir rencontré en tout et pour tout deux personnes parlant spontanément breton entre elles (je ne parle pas de la pseudo-langue bretonne forgée de toute pièce et enseignée dans les écoles soi-disant bretonne).

Diamond avait écrit il y a quelques années un livre qui avait fait grand bruit et suscité une polémique, sur les raisons de l’effondrement de civilisations passées, dont, selon lui, la plupart étaient liées à une mauvaise gestion des ressources naturelles. J’étais persuadé d’en avoir déjà parlé sur ce site, mais en cherchant à mettre un lien, je n’en retrouve nulle trace. Il s’agissait du très intéressant essai Effondrement (Collapse), également publié chez Gallimard. J’y ai appris des choses passionnantes sur l’installation et la disparition des colonies viking au Groenland, sur les problèmes d’irragation des Mayas et sur la fin de la civilisation des Moas sur l’ile de Pâques.

Les risques de l’intelligence artificielle sont-ils de la science fiction ? et le danger des extra-terrestres ?

Je vous invite à lire cette tribune cosignée par des physiciens dont la renommée n’a d’égale que l’intelligence (dont Frank Wilczek, prix Nobel de physique pour ses travaux sur l’interaction forte et Stephen Hawking que certains qualifient de plus grand théoricien depuis Einstein), sur le site du journal The Independent (oui, c’est en Anglais, mais cela vous fera le plus grand bien).

Lorsque des scénaristes holywoodiens imaginent que les robots et/ou les ordinateurs prennent le contrôle du monde, on s’amuse ou, plus fréquemment, on s’ennuie ferme, mais de toute façon, on n’y croit pas vraiment. Mais lorsque de pareilles sommités expliquent tout bonnement que les lois de la physique sont parfaitement compatibles avec l’existence d’un calculateur plus performant que le cerveau humain, les choses deviennent subitement beaucoup plus réelles.

Il n’y a pas si longtemps, des physiciens s’étaient demandé s’il était vraiment sérieux d’envoyer au fin fond de l’espace des sondes avec une carte permettant de localiser la Terre. Leur argumentaire était en substance que quand on voit ce que deux civilisations humaines sont capables de se faire l’une à l’autre, il serait plus raisonnable de ne pas inviter des civilisations extra-humaines plus évoluées que nous à venir nous rendre visite. Robert Silverberg, un des auteurs de science fiction les plus novateurs des années 60 et 70 (je me demande s’il y a une seule idée nouvelle en science fiction à l’origine de laquelle il n’est pas d’une façon ou d’une autre) et dont j’ai déjà parlé, a écrit un roman là-dessus, The Alien Years, traduit on ne sait pourquoi par Le Grand Silence et publié chez Flammarion. En gros, les extra-terrestres arrivent, s’installent sans dire bonjour et réduisent les indigènes (nous) en esclavage. On est bien loin des extra-terrestres sympas de Rencontre du troisième type (traduction de Close Encounters,  parfois on se demande qui est payé pour traduire les titres de l’Anglais, à moins que ce ne soit le traducteur automatique de gougeule qui le fasse – il est grand temps de mettre un peu d’intelligence artificielle là-dedans – mais je m’égare) de Spielberg. A la réflexion et au regard du monde tel que nous le connaissons, qu’est-ce qui est le plus crédible ?

La physique du Seigneurs des Anneaux

Il y a des gens qui ont des idées géniales quand même : analyser la plausibilité du Seigneur des Anneaux (je parle du film) d’un point de vue physique. Il y a même un site dédié. C’est en Anglais, certes, mais maintenant que vous êtes tous obligés d’en faire, y a pas de problème.

Pour les fainéants, mais aussi pour tous ceux qui ont un poil d’humour, vous pouvez aussi aller voir le site de Marion Montaigne (ousque j’ai piqué le lien du site précédent), qui met en dessin l’incroyable physique de la chute du Balrog au fond du gouffre de la Moria. Au passage, elle nous révèle un scoop : le Balrog a un caleçon avec des petits coeurs, très sexy.

Je profite de ce billet pour dire tout le mal que je pense de cette navrante superproduction. Franchement, comment un falot pareil peut-il passer pour l’héritier d’Elendil et d’Isildur ??

OK. Sauf les décors.